Quand une entreprise décide de participer à la borne de ses collaborateurs, la question suivante arrive tout de suite : combien ? Le réflexe habituel consiste à s'arrêter au seuil d'exonération, 600 € pour une borne à 1 200 €, et à ne pas aller plus loin pour éviter tout avantage en nature. Notre simulateur de subvention montre que ce réflexe n'est pas toujours le bon calcul. Parfois, donner un peu plus rapporte davantage.

Ce que calcule le simulateur

Vous fixez deux choses : le montant que vous versez pour la borne, et la part de recharge à domicile que vous visez ou que vous observez. Le simulateur en déduit, par véhicule, la facture mensuelle d'énergie avant et après, l'économie mensuelle, le nombre de mois nécessaires pour rembourser votre aide, et le gain net sur cinq ans, subvention déduite.

Toutes les hypothèses sont modifiables : kilométrage annuel, consommation, prix du kWh à domicile et en itinérance, coût de la borne, part de recharge à domicile déjà constatée avant toute aide, taux de charges patronales, et sort de la borne en fin de contrat, conservée par le salarié ou retirée.

Un point le distingue d'un simple calcul de retour sur investissement : il intègre l'avantage en nature. Si votre participation dépasse le seuil d'exonération, l'excédent est réintégré et les charges patronales correspondantes sont ajoutées à votre décaissement. Le résultat est un coût complet, pas un coût facial.

La règle du jeu : plus vous aidez, plus il recharge chez lui

C'est l'idée centrale du simulateur, et elle change la façon de raisonner. Le montant de la participation n'est pas seulement un coût : c'est ce qui détermine l'équipement que le collaborateur va installer, et donc la part de ses recharges qui se feront à domicile.

Sans aide, beaucoup de conducteurs ne font rien et rechargent sur les bornes publiques. Avec une participation modeste, ils font poser une prise renforcée. Avec une participation plus large, le reste à charge d'une borne 7 kW devient acceptable : ils s'équipent mieux, rechargent plus vite, et laissent davantage de kilowattheures à la maison plutôt qu'en itinérance.

Participation de l'entreprisePart de recharge à domicile attendue
0 €0 %
300 €59 %
600 €80 %
800 €86 %
1 200 €90 %
1 500 €91 %

Cette courbe est une hypothèse de comportement, calibrée sur un point de départ observé : 600 € de participation correspondent à environ 80 % de recharge à domicile. Elle monte vite au début, puis sature : au-delà de 1 200 €, chaque euro supplémentaire ne déplace presque plus rien. Le simulateur vous laisse la retoucher si vos propres observations diffèrent.

Le calcul complet, subvention par subvention

Reprenons les hypothèses par défaut du simulateur : un véhicule qui parcourt 30 000 km par an à 20 kWh/100 km, soit 500 kWh par mois ; 0,20 €/kWh à domicile, 0,55 €/kWh en itinérance ; une borne à 1 200 € conservée par le salarié ; 45 % de charges patronales. Sans aucune recharge à domicile, la facture mensuelle est de 275 € ; avec 80 % de recharge à domicile, elle tombe à 135 €.

ParticipationDomicileÉconomie / moisCharges sur l'excédentDécaisséRemboursée enGain net 5 ans
300 €59 %103 €0 €300 €2,9 mois5 895 €
600 €80 %140 €0 €600 €4,3 mois7 800 €
800 €86 %150 €90 €890 €5,9 mois8 140 €
1 200 €90 %158 €270 €1 470 €9,3 mois7 980 €
1 500 €91 %159 €405 €1 905 €12 mois7 650 €

Dans tous les cas, l'aide est remboursée en moins d'un an par la seule baisse de la facture d'énergie. Mais le gain net sur cinq ans n'est pas maximal au seuil d'exonération.

Pourquoi 800 € peuvent rapporter plus que 600 €

Passer de 600 à 800 € coûte 200 € de plus, auxquels s'ajoutent 90 € de charges patronales puisque ces 200 € dépassent le seuil d'exonération et constituent un avantage en nature. Soit 290 € de décaissement supplémentaire par véhicule.

En face, la part de recharge à domicile passe de 80 à 86 %. Six points de mieux, c'est 30 kWh par mois qui basculent de 0,55 € à 0,20 €, soit 10,50 € d'économie mensuelle supplémentaire. Sur cinq ans, 630 €. Le surcoût de 290 € est couvert en un peu plus de deux ans, et le gain net sur la période progresse de 340 € par véhicule.

À l'inverse, monter à 1 200 € ne rapporte que quatre points de plus, soit 7 € par mois, pour 580 € de décaissement supplémentaire, charges comprises. La courbe sature, l'avantage en nature pèse, et le gain net redescend. L'optimum n'est ni au plafond d'exonération, ni à la prise en charge totale : il se situe entre les deux, là où un euro d'aide supplémentaire déplace encore assez de kilowattheures pour se payer.


« Le seuil d'exonération est une borne fiscale, pas un optimum économique. Le bon montant est celui où chaque euro d'aide supplémentaire déplace encore assez de recharges vers le domicile pour se rembourser. »


L'avantage en nature, intégré au calcul

Quand la borne reste au domicile du salarié en fin de contrat, votre participation est exclue de l'assiette des cotisations dans la limite de 50 % de la dépense réelle, plafonnée à 1 057,10 € en 2026. Sur une borne à 1 200 €, le seuil est donc de 600 €. Au-delà, l'excédent est un avantage en nature, et le simulateur applique dessus le taux de charges que vous indiquez.

Si vous choisissez au contraire de rester propriétaire de la borne et de la retirer au départ du salarié, la prise en charge est intégralement exclue, sans plafond. Dans le simulateur, une participation de 1 200 € avec borne retirée donne alors 8 250 € de gain net sur cinq ans, le meilleur résultat de tous les scénarios, au prix d'une logistique de dépose à assumer.

Une réserve : les textes visent la borne de recharge et ne mentionnent pas la prise renforcée. Le simulateur applique le régime de la borne quel que soit l'équipement, ce qui est sans effet tant que la participation reste sous le seuil d'exonération, mais qui n'est pas garanti au-delà pour une prise renforcée. Pour le chiffrage fiscal détaillé d'une situation donnée, le simulateur d'avantage en nature reprend les mêmes règles poste par poste, et notre article sur la participation de l'employeur à la borne du salarié en détaille le cadre, prise renforcée comprise.

À l'échelle d'une flotte de 100 véhicules

Participation par véhiculeDécaissé une foisÉconomie annuelleGain net sur 5 ans
600 €60 000 €168 000 €780 000 €
800 €89 000 €180 600 €814 000 €
1 200 €147 000 €189 000 €798 000 €

Sur 100 véhicules, choisir 800 € plutôt que 600 € demande 29 000 € de plus au départ et rapporte 34 000 € de plus sur cinq ans. Ce n'est pas un écart spectaculaire, mais il va dans le sens inverse de l'intuition : l'entreprise gagne à dépasser le seuil, à condition de le faire modérément.

Comment l'utiliser sur votre flotte

  • Renseignez la part de recharge à domicile que vous observez déjà, sans aide. Le simulateur part de zéro par défaut. Si vos conducteurs rechargent déjà 40 % chez eux sur une prise standard, le gain marginal d'une subvention est plus faible, et le calcul doit le refléter.
  • Mettez vos prix réels. Le tarif heures creuses de vos conducteurs est souvent sous les 0,20 € par défaut, et le prix moyen payé sur vos badges d'itinérance souvent au-dessus de 0,55 €. Les deux corrections jouent dans le même sens.
  • Testez un reste à charge partagé. Le montant versé et la part de recharge à domicile se règlent séparément : vous pouvez vérifier si une participation de 800 € avec un reste à charge de 400 € pour le collaborateur tient encore votre objectif de mix.
  • Comparez borne conservée et borne retirée. Le second cas supprime l'avantage en nature mais vous laisse une flotte d'équipements à gérer chez des particuliers. Le simulateur chiffre le premier terme ; à vous d'estimer le second.
  • Traitez la courbe comme une hypothèse. Elle est calibrée sur ce que nous observons, pas sur votre flotte. Après six mois de déploiement, remplacez-la par vos propres chiffres.

À retenir

  • La participation détermine l'équipement, donc le mix. 300 € conduisent à une prise renforcée et environ 59 % de recharge à domicile ; 600 € à 80 % ; 800 € à 86 %.

  • Le seuil d'exonération n'est pas l'optimum. Avec les hypothèses par défaut, 800 € rapportent 8 140 € net sur cinq ans par véhicule, contre 7 800 € à 600 € et 7 980 € à 1 200 €, charges sur l'avantage en nature comprises.

  • L'aide est remboursée en moins d'un an dans tous les scénarios, par la seule baisse de la facture d'énergie : 4,3 mois à 600 €, 5,9 mois à 800 €, 9,3 mois à 1 200 €.

Comment Casawatt intervient

Le simulateur raisonne sur le coût complet de l'énergie payée par l'entreprise, que le kWh soit acheté sur une borne publique ou remboursé au collaborateur pour sa recharge à domicile. C'est cet écart que Casawatt permet de capter en pratique : chaque recharge effectuée chez le collaborateur est certifiée en croisant les données du véhicule et la courbe de consommation du compteur Linky, quel que soit l'équipement installé, et un relevé de justification de frais est généré chaque mois par conducteur.

Pour l'équipement lui-même, les conducteurs sont orientés vers un réseau d'installateurs qualifiés IRVE, sans marge de Casawatt sur le matériel ni sur la pose. Vous fixez votre participation, ils choisissent leur installation.

Ouvrir le simulateur de subvention, obtenir des devis d'installation pour vos conducteurs, ou prendre rendez-vous pour cadrer votre politique de participation.

Résultats calculés avec les hypothèses par défaut du simulateur au 12 septembre 2026. La relation entre participation et part de recharge à domicile est une hypothèse de comportement, à ajuster avec vos propres observations. Plafonds d'exonération à jour de 2026, donnés à titre indicatif.