Depuis le 1er janvier 2026, le crédit d'impôt de 500 € sur les bornes de recharge n'existe plus. Pour une entreprise qui électrifie sa flotte, la question « combien coûte une borne à domicile ? » se pose donc différemment. Voici les prix réels constatés cette année, les aides qui subsistent, et le poste de dépense que la plupart des projets oublient de chiffrer.

Les prix réels en 2026, pose comprise

Le matériel est standardisé, l'installation ne l'est pas. Les fourchettes ci-dessous correspondent au total TTC posé, matériel et main-d'œuvre réunis, pour un logement individuel.

SolutionTotal posé (TTC)
Prise renforcée 3,7 kW (type Green'up)300 à 500 € (jusqu'à 1 200 € en configuration difficile)
Borne 7,4 kW monophasée800 à 1 500 €
Borne 11 kW triphasée1 000 à 1 900 €
Borne 22 kW triphasée avec délestage1 500 à 3 000 €
Borne entreprise ou copropriété2 000 à 6 500 €

En pratique, la majorité des installations à domicile se situe entre 900 et 1 300 € TTC. La pose représente à elle seule 30 à 50 % du budget, c'est-à-dire le poste que les comparateurs en ligne passent sous silence quand ils affichent le prix du matériel seul.

Ce qui fait varier la facture d'un devis à l'autre

Pour un même véhicule et un même besoin, deux électriciens peuvent afficher 30 à 50 % d'écart. Les causes sont presque toujours les mêmes.

  • La longueur de câble entre le tableau électrique et l'emplacement de recharge. Au-delà de 15 mètres, comptez 15 à 25 € par mètre supplémentaire.
  • Le passage en triphasé, s'il est nécessaire : environ 135 € de mise à disposition Enedis, plus 300 à 500 € de reprise du tableau.
  • Le délestage dynamique, entre 100 et 300 €. Indispensable dès que la puissance souscrite du logement est juste.
  • La pose en extérieur, qui ajoute 100 à 200 € pour du matériel étanche.

La règle est simple : faites établir deux ou trois devis d'installateurs qualifiés avant de signer, et comparez les prestations ligne à ligne plutôt que le prix final.

Ce qui a changé au 1er janvier 2026

Le crédit d'impôt borne de recharge, le CIBRE, remboursait 75 % de la dépense dans la limite de 500 € par système de charge. Près de 47 000 foyers en ont bénéficié en 2024. La loi de finances 2026 ne l'a pas reconduit : une facture payée après le 31 décembre 2025 n'ouvre plus aucun droit.

Il reste trois leviers en 2026.

  • La TVA à 5,5 % sur le matériel et la main-d'œuvre, au lieu de 20 %. Trois conditions : une borne de recharge, une pose par un professionnel qualifié IRVE, et une facture unique couvrant la fourniture et l'installation. La prise renforcée relève du taux de 10 %. Le logement neuf et les locaux professionnels restent à 20 %.
  • La prime Advenir, financée par les certificats d'économies d'énergie et pilotée par l'Avere-France. Elle est réservée aux immeubles collectifs, aux entreprises et aux collectivités : une maison individuelle n'y a pas droit. Depuis le 1er avril 2026, les barèmes en copropriété ont été relevés, avec 50 % du coût HT plafonné à 1 000 € HT pour un point de charge individuel, 1 660 € HT pour un point partagé, et jusqu'à 12 500 € HT pour l'infrastructure collective d'un parking de 100 places. Le programme est doté de 520 M€ jusqu'à fin 2027.
  • Les aides locales, généralement comprises entre 100 et 500 € selon la région, le département ou la commune.

Un point à ne pas confondre : MaPrimeRénov' ne finance pas les bornes de recharge, et aucune fiche CEE standardisée ne les couvre. Le canal CEE passe uniquement par Advenir.

Concrètement, sur une installation à 1 100 €, la TVA réduite fait économiser environ 150 €, là où le crédit d'impôt en rendait 500. C'est l'écart que supporte désormais chaque conducteur qui s'équipe.

La qualification IRVE n'est pas une option

Au-delà de 3,7 kW, le décret n° 2017-26 impose une installation par un professionnel titulaire d'une qualification IRVE, délivrée par un organisme accrédité comme Qualifelec ou l'AFNOR, et valable quatre ans. En dessous de ce seuil, pour une prise renforcée, la qualification n'est pas légalement exigée, mais elle conditionne l'accès au taux de TVA réduit et aux aides.

Une prestation conforme à la norme NF C 15-100 comprend un circuit dédié entre le tableau et le point de charge, une protection différentielle 30 mA de type A ou B, un disjoncteur dédié, la fixation, les tests et un procès-verbal de conformité. Passer par un installateur non qualifié expose à trois risques : une installation dangereuse, la perte de garantie du matériel et l'inéligibilité aux aides.

Pour une flotte, l'installation n'est que le premier maillon

C'est l'angle mort de la plupart des projets d'électrification. Équiper le domicile d'un collaborateur représente un investissement ponctuel de 900 à 1 300 €. Ce qui suit dure toute la vie du véhicule.

Une fois la borne posée, l'entreprise doit rembourser l'électricité consommée chez le salarié, chaque mois, pour chaque conducteur, avec un niveau de preuve suffisant en cas de contrôle. C'est là que le coût réel se joue.

Le gain, lui, est massif. Une recharge à domicile en heures creuses revient autour de 0,16 €/kWh, contre environ 0,50 €/kWh sur une borne publique rapide. Sur un véhicule parcourant 20 000 km par an, soit environ 3 600 kWh, l'écart représente près de 1 200 € par an. Pour une flotte de 1 000 véhicules, l'ordre de grandeur dépasse le million d'euros annuel. Encore faut-il que le remboursement tienne devant l'URSSAF.


« Le vrai coût d'une borne de flotte n'est pas son installation, c'est le processus administratif qu'elle déclenche tous les mois. »


Le remboursement : ce que dit le cadre social

Deux situations à ne pas mélanger.

Le véhicule appartient à l'entreprise

Pour un véhicule de fonction ou de service, le remboursement des recharges effectuées à domicile est un remboursement de frais professionnels : il est exonéré de cotisations sans plafond, à condition d'être justifié. C'est cette justification qui doit être précise, datée, rattachée à un véhicule identifié et conservée. La mise à disposition d'une borne par l'employeur bénéficie par ailleurs d'un traitement favorable au titre de l'avantage en nature, prolongé jusqu'au 31 décembre 2027.

Le collaborateur utilise son véhicule personnel

L'employeur peut prendre en charge les frais d'alimentation liés aux trajets domicile-travail dans le cadre de la prime transport, exonérée jusqu'à 600 € par an et par salarié, cumulable avec le forfait mobilités durables. Pour les déplacements professionnels, c'est le barème kilométrique qui s'applique, majoré de 20 % pour un véhicule électrique.

Le piège est toujours le même : l'entreprise finance la borne, puis s'épuise à collecter des photos de compteur, des captures d'écran d'application et des tableurs remplis à la main. Un remboursement mal justifié se requalifie en avantage en nature, avec les cotisations correspondantes.

Les erreurs à éviter cette année

  • Compter sur le crédit d'impôt pour une facture datée de 2026. Il est supprimé.
  • Faire poser une borne de plus de 3,7 kW par un électricien non qualifié IRVE : l'installation est non conforme, et la TVA réduite comme les aides tombent.
  • Accepter deux factures séparées, une pour le matériel et une pour la pose. La TVA à 5,5 % exige une facture unique.
  • Attendre une prime Advenir pour une maison individuelle : le dispositif ne la couvre pas.
  • Signer le premier devis sans comparaison, alors que l'écart entre installateurs atteint couramment 30 à 50 %.
  • Budgéter l'installation sans budgéter le remboursement mensuel qui va avec.

À retenir

  • Maison individuelle : 1 100 à 3 700 € TTC posé, avec une moyenne autour de 900 à 1 300 €. La TVA à 5,5 % est la seule aide nationale restante, à compléter par les aides locales.

  • Copropriété : budget comparable, complété par la prime Advenir, jusqu'à 1 000 € HT par point de charge individuel.

  • Entreprise : l'installation est le petit poste. La rentabilité de l'électrification se joue sur le remboursement des recharges et sur sa conformité URSSAF.

Comment Casawatt intervient

Casawatt certifie automatiquement les recharges effectuées au domicile des collaborateurs, en croisant les données du véhicule et la courbe de consommation du compteur Linky. Aucune borne connectée n'est nécessaire : une prise renforcée ou une borne non communicante suffit. Chaque mois, un relevé de justification de frais est généré par conducteur, prêt pour la paie et pour un contrôle.

Pour l'équipement, nous mettons les collaborateurs en relation avec un réseau d'installateurs qualifiés IRVE aux conditions négociées, ainsi qu'avec les 3 200 électriciens certifiés du réseau Legrand pour les prises renforcées Green'up. Casawatt ne prend aucune marge sur le matériel ni sur l'installation.

Obtenir des devis d'installation ou prendre rendez-vous avec un conseiller pour chiffrer le coût complet de votre électrification. Vous pouvez aussi simuler le coût de recharge de votre flotte en deux minutes.

Montants et dispositifs à jour d'août 2026, donnés à titre indicatif. Les barèmes d'aides et le cadre social évoluent régulièrement : vérifiez les conditions en vigueur au moment de votre projet.