Sur le terrain, plus personne ne dit « prise renforcée ». On dit Green'Up, comme on dit Frigo pour un réfrigérateur. Derrière le mot, une question très concrète pour un gestionnaire de flotte : faut-il équiper le domicile de chaque conducteur, et avec quoi ? Voici comment trancher, usage par usage, sans surdimensionner.
Trois niveaux d'équipement, trois usages
Recharger un véhicule de fonction à domicile se fait de trois façons. La différence tient à la puissance disponible, donc au nombre de kilomètres récupérés en une nuit.
| Équipement | Puissance | Coût posé (TTC) |
|---|---|---|
| Prise domestique standard | 2,3 kW (10 A) | Existant, mais déconseillé |
| Prise renforcée type Green'Up | 3,7 kW (16 A) | 300 à 500 € |
| Borne monophasée | 7,4 kW | 800 à 1 500 € |
| Borne triphasée | 11 à 22 kW | 1 000 à 3 000 € |
Une prise renforcée coûte trois à quatre fois moins cher qu'une borne. C'est la raison pour laquelle elle représente la majorité des demandes d'installation que nous recevons.
Pourquoi la prise domestique n'est pas une solution
C'est le réflexe naturel du conducteur qui reçoit son véhicule : brancher le câble sur la prise du garage. Elle délivre 2,3 kW, et surtout elle n'est pas conçue pour débiter 10 ampères pendant huit heures d'affilée, nuit après nuit.
Le risque n'est pas théorique : échauffement du socle, vieillissement accéléré, circuit partagé avec d'autres appareils. Une prise renforcée, elle, est protégée contre la surchauffe et raccordée à un circuit dédié.
L'écart de temps est parlant. Sur une Renault Zoé de 52 kWh, comptez environ 29 h 30 sur prise domestique, 15 h sur prise renforcée et 7 h sur une borne 7,4 kW. Sur une Peugeot e-208, on passe de 14 h 30 à 9 h simplement en changeant la prise.
Dimensionner sur le roulage réel, pas sur la batterie
L'erreur la plus fréquente consiste à choisir la puissance en regardant la taille de la batterie. Ce qui compte, c'est le nombre de kilomètres à récupérer chaque nuit.
Une prise renforcée à 3,7 kW restitue environ 29 kWh sur huit heures de nuit, soit de l'ordre de 150 km pour une berline compacte. Un conducteur qui roule 60 à 100 km par jour repart donc chaque matin avec une batterie pleine, sans avoir rien fait d'autre que brancher son câble en rentrant.
Autrement dit, la prise renforcée couvre l'immense majorité des usages d'une flotte de véhicules de fonction. La puissance supérieure ne devient utile que dans des cas identifiables à l'avance.
Quand la borne s'impose vraiment
- Le conducteur roule plus de 150 km par jour de façon régulière, ou enchaîne des tournées sans temps de pause au domicile.
- Le véhicule est un utilitaire à grande batterie, dont la recharge complète dépasse une nuit sur 3,7 kW.
- Le foyer compte deux véhicules électriques à recharger sur le même point.
- Le logement est en triphasé et la puissance souscrite permet de monter à 11 kW sans reprise lourde du tableau.
Ce que la prise renforcée exige quand même
« Renforcée » ne veut pas dire « à brancher soi-même ». Trois conditions déterminent le résultat.
- Un circuit dédié, avec disjoncteur et protection différentielle propres, conformément à la norme NF C 15-100. C'est ce qui distingue l'installation d'un simple remplacement de prise.
- Un câble compatible. La prise renforcée ne délivre ses 3,7 kW qu'avec un câble équipé de la détection adaptée. Avec un câble standard, la recharge retombe à 2,3 kW et le bénéfice disparaît. C'est l'oubli le plus courant dans les déploiements de flotte.
- Un installateur qualifié. La qualification IRVE n'est légalement obligatoire qu'au-delà de 3,7 kW, au titre du décret n° 2017-26. En dessous, elle reste le meilleur gage de conformité, et elle conditionne l'accès aux aides.
Côté fiscalité, la prise renforcée relève du taux de TVA de 10 %, quand une borne installée par un professionnel qualifié IRVE bénéficie de 5,5 %. Le crédit d'impôt, lui, n'existe plus depuis le 1er janvier 2026.
Côté entreprise : équiper n'est pas mesurer
Beaucoup de projets confondent les deux sujets. L'équipement sert à recharger vite et en sécurité. La mesure de l'énergie, elle, sert à rembourser le conducteur et à justifier la dépense. Elle ne dépend pas du point de charge : elle peut venir du compteur communicant du logement, croisé avec les données du véhicule. Une entreprise n'a donc aucune raison d'imposer une borne connectée à ses collaborateurs pour obtenir une donnée fiable.
« L'équipement sert à recharger. La mesure sert à rembourser. Ce sont deux sujets différents, et les confondre coûte cher. »
À retenir
La prise renforcée couvre la majorité des usages d'une flotte : 3,7 kW, environ 150 km récupérés par nuit, pour 300 à 500 € posée.
La borne se justifie sur critères : plus de 150 km par jour, utilitaire à grande batterie, deux véhicules au foyer ou logement en triphasé.
N'oubliez pas le câble compatible : sans lui, une prise renforcée recharge à 2,3 kW, comme une prise ordinaire.
Comment Casawatt intervient
Casawatt est partenaire national de Legrand pour les prises renforcées Green'Up. Quand un conducteur souhaite être orienté vers un professionnel, sa demande part vers le réseau des 3 200 électriciens certifiés Legrand, au plus près de chez lui. La qualification du besoin est réalisée directement par les équipes Legrand, et Casawatt ne prend aucune marge sur le matériel ni sur l'installation. Depuis le début de l'année 2026, plus de 600 demandes d'installation ont été traitées.
Côté mesure, aucune borne connectée n'est nécessaire : les recharges sont certifiées à partir des données du véhicule et de la courbe de consommation du compteur, quel que soit l'équipement installé.
Obtenir des devis d'installation, consulter la page prise renforcée Legrand Green'Up ou commander un câble de recharge compatible.
Temps de recharge donnés à titre indicatif, variables selon le modèle, la température et l'état de la batterie. Montants et dispositifs à jour d'août 2026.