6 % en 2022, 43 % en mai 2026. C'est la part des voitures de société électriques dans les immatriculations neuves, d'après l'analyse publiée par Transport & Environment. Les flottes d'entreprise basculent nettement plus vite que les particuliers, et ce n'est pas une affaire de conviction : c'est la fiscalité qui a changé. Voici ce que cette accélération implique concrètement pour un gestionnaire de flotte.

Ce que disent les chiffres

IndicateurValeur
Part des voitures de société électriques (mai 2026)43 %, contre 6 % en 2022
Immatriculations électriques, 1er semestre 2026241 563 véhicules
Part de marché électrique tous canaux, 1er semestre 202628,2 %
Évolution sur un an+62 % par rapport au 1er semestre 2025

L'écart entre les deux lignes est l'information principale. Quand le marché global atteint 28 % d'électrique, le canal des voitures de société dépasse 40 %. Les entreprises ne suivent pas le mouvement : elles le tirent.

Pourquoi les flottes vont plus vite

Trois dispositifs fiscaux se sont additionnés en deux ans, et leur effet cumulé rend le véhicule thermique difficile à défendre en comité.

La taxe annuelle incitative

Entrée en application le 1er mars 2025, elle vise les entreprises détenant ou louant en longue durée au moins 100 véhicules. Elle impose une proportion minimale de véhicules à faibles émissions, c'est-à-dire émettant 50 g de CO₂/km ou moins en cycle WLTP, et sanctionne l'écart à l'objectif.

AnnéeQuota de véhicules à faibles émissionsPénalité par véhicule manquant
202515 %2 000 €
202618 %4 000 €
202725 %5 000 €
203048 %5 000 €

Le montant unitaire a doublé entre 2025 et 2026. Contrairement aux dispositifs antérieurs, la taxe s'apprécie sur l'ensemble du parc détenu, pas seulement sur les véhicules renouvelés dans l'année.

Les taxes annuelles sur les véhicules de tourisme

Les barèmes des taxes annuelles sur les émissions de CO₂ et sur les polluants atmosphériques ont été durcis en 2025 puis en 2026. Un véhicule thermique conservé dans une flotte coûte désormais chaque année, indépendamment de son prix d'achat.

L'avantage en nature

Le régime social reste favorable au véhicule électrique, avec un abattement spécifique sur l'avantage en nature et une exclusion des frais d'électricité pris en charge par l'employeur. Pour le collaborateur, passer à l'électrique s'accompagne rarement d'une perte de pouvoir d'achat, ce qui lève l'objection sociale du projet.

Le calendrier se referme plus vite qu'il n'y paraît

Une flotte se renouvelle sur trois à quatre ans. Un véhicule thermique commandé aujourd'hui sera encore au parc en 2029 ou 2030, quand le quota atteindra 48 %. Chaque commande engage donc bien au-delà de l'exercice en cours.

C'est ce raisonnement, plus que les objectifs RSE, qui explique la courbe. Les gestionnaires de flotte n'anticipent pas une mode : ils évitent une pénalité qu'ils voient arriver dans leur plan de renouvellement.

La conséquence que peu d'entreprises anticipent

Commander des véhicules électriques est la partie facile. Le sujet qui arrive juste après est celui de l'énergie : où ces véhicules vont-ils se recharger, et qui paie ?

Dans plus de 80 % des cas, la recharge d'un véhicule de fonction se fait au domicile du collaborateur, le soir, en temps masqué. C'est le point de recharge le plus simple et le moins coûteux, autour de 0,16 €/kWh en heures creuses contre environ 0,50 €/kWh sur une borne publique rapide. Mais c'est aussi le seul dont l'entreprise ne reçoit pas la facture. Elle doit donc mesurer l'énergie consommée chez un particulier, la rembourser, et pouvoir le justifier.


« Une flotte peut basculer à l'électrique en une saison de commandes. Le remboursement des recharges, lui, se traite tous les mois pendant quatre ans. »


Ce qu'un gestionnaire de flotte doit préparer maintenant

  • Mesurer l'écart au quota. Si votre parc dépasse 100 véhicules, calculez votre proportion actuelle de véhicules à faibles émissions et projetez-la sur vos livraisons des douze prochains mois.
  • Cartographier les conducteurs. Qui dispose d'un stationnement privatif et d'un compteur communicant ? Cette réponse détermine la part de recharge à domicile atteignable.
  • Choisir la règle de remboursement avant les livraisons. Tarif forfaitaire au kWh ou coût réel du contrat de chaque conducteur : la décision est plus simple à prendre avant l'arrivée des véhicules qu'après.
  • Sécuriser la justification. Un remboursement de frais de recharge reste exonéré de cotisations s'il est justifié, daté et rattaché à un véhicule identifié.
  • Ne pas surdimensionner l'équipement. Une prise renforcée à 3,7 kW couvre la majorité des usages quotidiens, pour 300 à 500 € posée.

À retenir

  • Le canal société a basculé : 43 % des voitures de société immatriculées en mai 2026 sont électriques, contre 6 % en 2022, alors que le marché global est à 28,2 % sur le premier semestre.

  • La fiscalité en est le moteur : la taxe annuelle incitative impose 18 % de véhicules à faibles émissions en 2026, avec 4 000 € par véhicule manquant, et 48 % en 2030.

  • Le sujet suivant est la recharge : plus de 80 % des recharges se font au domicile du collaborateur, seul point de recharge dont l'entreprise ne reçoit pas la facture.

Comment Casawatt intervient

Casawatt certifie automatiquement les recharges effectuées au domicile des collaborateurs, en croisant les données du véhicule et la courbe de consommation du compteur Linky. Aucune borne connectée n'est nécessaire, le déploiement se fait en quelques jours, et un relevé de justification de frais est généré chaque mois pour chaque conducteur. Plus de 300 entreprises utilisent le dispositif.

Simulez le coût de recharge de votre flotte, vérifiez l'éligibilité de vos véhicules ou prenez rendez-vous avec un conseiller.

Part des voitures de société électriques d'après l'analyse de Transport & Environment publiée en juin 2026. Immatriculations du premier semestre 2026 d'après les données de marché publiées en juillet 2026. Barèmes fiscaux à jour d'août 2026, donnés à titre indicatif.